Le pashmina est une fibre textile naturelle, un cachemire d'exception tiré du duvet de la chèvre Changthangi de l'Himalaya, puis filé et travaillé à la main en châle au Kashmir indien et au Népal. Sa fibre mesure environ 12 à 15 micromètres, plus fine que la plupart des laines de cachemire, d'où sa douceur. Un vrai pashmina a un prix élevé : un pashmina pas cher est presque toujours une imitation.
L'essentiel sur le pashmina
- Définition : pashmina vient du persan pashm, la laine fine ; c'est un cachemire de haute qualité, pas une matière à part.
- La fibre de pashmina provient du poil de chèvres de l'Inde (Ladakh), du Népal et de la Chine.
- Un pashmina pur cachemire tissé main coûte en général plus de 150 euros ; en dessous de 50 euros, c'est le plus souvent de la viscose.
- Entretien : lavage à la main à l'eau tiède, séchage à plat, rangement à l'abri des mites.
Qu'est-ce que le pashmina, au juste ?
Le pashmina désigne à la fois une fibre et le châle qu'on en tire. La fibre est le duvet que la chèvre Changthangi développe sous son poil de garde pour survivre aux hivers des plateaux du Ladakh, entre 4 000 et 5 000 mètres d'altitude, où la température descend très bas la nuit. Au printemps, l'animal mue : les éleveurs nomades peignent alors ce sous-poil à la main, sans tonte, pour ne récolter que le duvet le plus fin.
Le mot vient du persan pashm, qui signifie laine fine. En Inde, le nom « Kashmir Pashmina » bénéficie d'une indication géographique enregistrée en 2008 : il réserve l'appellation aux pièces filées et tissées à la main dans la vallée du Cachemire. Au Népal, la chèvre Chyangra fournit une fibre comparable, commercialisée sous le label « Chyangra Pashmina ».
Dans le langage courant, pashmina est devenu un nom commun pour toute grande étole légère portée sur les épaules. C'est là que commence la confusion : le mot seul ne garantit ni la matière, ni l'origine, ni la qualité du tissage. Un tissu pashmina vendu en boutique peut être du vrai cachemire de l'Himalaya comme un mélange synthétique qui n'en garde que l'aspect.
Pashmina ou cachemire : quelle différence ?
Tout pashmina authentique est du cachemire, mais tout cachemire n'est pas du pashmina. Le cachemire est le nom générique du duvet de plusieurs races de chèvres ; la Chine et la Mongolie en produisent la plus grande part mondiale, à une échelle industrielle. Le pashmina et le cachemire de l'Himalaya se distinguent par trois points : la finesse de la fibre, sa longueur, et le travail à la main qui la transforme.
La finesse se mesure en microns. Une fibre de pashmina tourne autour de 12 à 15 microns ; un cachemire de bonne qualité se situe souvent entre 15 et 19. Cette différence, invisible à l'œil, se sent au toucher : l'étole pashmina est plus douce, plus légère, et tombe avec plus de fluidité. Un grand châle de 200 x 70 cm pèse souvent autour de 100 à 150 grammes selon son tissage.
Pour les fibres, le traitement compte autant que l'origine. Le fil de pashmina, très fin, casse facilement sur une machine : il est traditionnellement filé au rouet et tissé sur métier manuel. Le cachemire industriel, lui, supporte le filage mécanique. La comparaison entre pashmina et cachemire revient donc à comparer un artisanat et un produit de série, tous deux de qualité, mais pas au même prix. Pour choisir une pièce du quotidien, le guide de l'écharpe en cachemire et de ses différentes qualités détaille les critères du cachemire classique.
| Critère | Pashmina pur cachemire | Cachemire industriel | « Pashmina » en viscose |
|---|---|---|---|
| Fibre | duvet de chèvre de l'Himalaya, environ 12 à 15 microns | duvet de chèvre, souvent 15 à 19 microns | fibre artificielle de cellulose |
| Fabrication | filage et tissage à la main | filage et tissage mécaniques | production industrielle |
| Toucher | très doux, chaud, léger | doux, un peu plus dense | lisse, froid, glissant |
| Prix indicatif d'une étole | 150 à 500 euros et plus | 80 à 200 euros | moins de 30 euros |
D'où vient la fibre : Inde, Népal, Chine
Le berceau du pashmina est le Changthang, un haut plateau du Ladakh, dans le nord de l'Inde, où les éleveurs Changpa conduisent leurs troupeaux de chèvres. La fibre brute descend ensuite vers Srinagar, dans la vallée du Cachemire, où se font le tri, le filage et le tissage. C'est cette chaîne, de la chèvre au châle, que protège l'appellation indienne.
Le Népal a développé sa propre filière avec la chèvre Chyangra, élevée dans les régions montagneuses du nord du pays. Les ateliers de Katmandou produisent des étoles pashmina souvent mélangées de soie, vendues sous une marque collective nationale. La Chine, enfin, et la Mongolie intérieure fournissent l'essentiel du cachemire mondial ; une partie des fibres vendues sous le nom de pashmina en provient, filée à la machine.
Aucune de ces origines n'est un défaut en soi. Ce qui compte pour l'acheteur, c'est que l'étiquette dise la vérité : pays d'origine de la fibre, composition exacte, mode de tissage. Les certifications de traçabilité, comme le Good Cashmere Standard ou les certificats délivrés par des organismes indépendants, suivent l'approvisionnement de la source au produit final et apportent une garantie que le mot pashmina seul ne donne pas.
Pashmina pur, pashmina-soie, kani : les principaux types
Un même nom recouvre plusieurs produits. Les connaître aide à comparer des prix qui, sans cela, paraissent incohérents d'une boutique à l'autre.
Le pashmina 100 % cachemire
Le pashmina pur cachemire est tissé uniquement avec le fil de la chèvre, sans autre fibre. C'est le plus chaud et le plus doux, mais aussi le plus fragile : son tissage lâche laisse passer la lumière et accroche facilement. Il se porte en châle ou en grande étole les jours de froid sec.
Le pashmina-soie
Le mélange pashmina et soie, souvent dans une proportion de 70 % de cachemire pour 30 % de soie, donne une étole plus brillante, un peu plus résistante et moins chère. La soie apporte de la tenue au fil et permet des couleurs plus vives. Pour une pièce en soie pure, voir comment choisir et porter une écharpe en soie.
Le kani et le sozni
Le châle kani est tissé avec de petites navettes de bois qui dessinent le motif dans la trame, parfois pendant des mois pour une seule pièce. Le sozni est brodé à l'aiguille après tissage. Ces deux techniques, propres au Cachemire, font du pashmina une pièce de collection. Le motif le plus célèbre est la goutte recourbée qu'on appelle en France motif cachemire, ou paisley en anglais : il est né sur ces châles avant d'être copié par les manufactures européennes au XIXe siècle.
Comment reconnaître un vrai pashmina ?
La plupart des faux pashminas sont en viscose, en acrylique ou en polyester. Quelques tests simples éliminent l'essentiel des imitations, même si aucun ne remplace une étiquette honnête.
- Le toucher : le cachemire est doux mais pas glissant ; une étole très lisse et froide au contact de la main évoque une fibre artificielle.
- La lumière : un pashmina tissé main laisse voir de petites irrégularités dans la trame ; un tissage parfaitement régulier signale une machine.
- L'électricité statique : frotté contre lui-même, un tissu synthétique crépite et attire la poussière, le cachemire presque pas.
- La bague : on dit qu'un vrai châle passe dans une alliance. Le test vaut pour un pashmina très fin, mais un faux en viscose légère le réussit aussi.
- L'étiquette : la mention « 100 % pashmina » ne veut rien dire légalement ; chercher « 100 % cachemire » et le pays d'origine.
Le test de la brûlure, souvent cité, consiste à brûler un fil tiré de la frange : la laine et le cachemire sentent le cheveu brûlé et laissent une cendre friable, le synthétique fond en perle dure. Il abîme la pièce et ne se fait qu'avant achat, avec l'accord du vendeur. Pour le reste, le prix reste le meilleur indicateur : un article vendu dix euros au marché ne contient pas de pashmina, quel que soit ce qu'annonce l'étiquette.
Comment choisir un pashmina ?
Choisir un pashmina, c'est d'abord décider de son utilisation. Une étole de soirée, portée sur une robe, gagne à être en pashmina-soie, plus lumineux et plus facile à draper. Un châle pour l'hiver sera plutôt en cachemire pur, en tissage un peu plus serré. Pour une cérémonie, le guide de l'étole de mariage et des matières qui conviennent donne des repères de couleurs et de formats.
Les formats courants vont de l'écharpe de 180 x 30 cm au grand châle de 200 x 90 cm ou plus. Plus la pièce est grande, plus elle se porte de façons différentes : sur les épaules, enroulée autour du cou, nouée en cape. Les couleurs unies, teintes après tissage, restent les plus faciles à assortir ; les motifs tissés ou brodés font de l'étole la pièce centrale d'une tenue. Pour la femme comme pour l'homme, un pashmina uni de teinte neutre se porte au jour le jour pendant des années.
Quelques conseils pour un achat réussi :
- demander la composition précise et l'origine de la fibre ;
- préférer un vendeur qui indique le mode de tissage (main ou machine) ;
- vérifier les finitions : franges nouées à la main, bords réguliers, aucune fibre qui peluche à la main ;
- se méfier des pièces présentées comme « pashmina pas cher » à un prix promotionnel très inférieur à celui du cachemire industriel.
Quel prix pour un pashmina ?
Le prix d'un pashmina dépend de trois choses : la part de cachemire, le tissage et la décoration. Les fourchettes observées chez les artisans et les maisons spécialisées donnent un ordre de grandeur, à vérifier au cas par cas.
- étole pashmina-soie tissée machine : de 60 à 150 euros ;
- étole pashmina pur cachemire tissée main : de 150 à 500 euros ;
- châle brodé sozni ou tissé kani : plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros.
Ce prix élevé s'explique par la rareté de la fibre : une chèvre ne livre chaque année que quelques dizaines à une centaine et quelques grammes de duvet utilisable, et le filage à la main d'une seule étole demande plusieurs jours de travail avant le tissage. Acheter un pashmina en ligne est possible, à condition que la fiche du produit détaille la composition, les dimensions et l'origine, et que le vendeur accepte les retours. Un pashmina de luxe se reconnaît moins à sa marque qu'à la transparence de ces informations.
Un mot sur le shahtoosh : ce châle, encore plus fin, était tissé avec la laine de l'antilope du Tibet, ou chiru. L'espèce est protégée par la CITES depuis 1975 et le commerce du shahtoosh est interdit. Un vendeur qui en propose sous le manteau vend soit une contrefaçon, soit un produit illégal.
Comment entretenir un pashmina ?
Entretenir un pashmina demande les mêmes précautions que pour tout cachemire, avec une délicatesse supplémentaire pour les tissages très fins. Le lavage se fait à la main, à l'eau tiède autour de 30 degrés, avec un shampooing doux ou une lessive pour laine. On laisse tremper quelques minutes sans frotter, on rince à la même température, puis on presse doucement l'étole dans une serviette, sans jamais la tordre.
Le séchage se fait à plat, à l'abri du soleil et de toute source de chaleur, en redonnant sa forme à la pièce encore humide. Le repassage n'est presque jamais nécessaire : un peu de vapeur à distance suffit à défroisser. Pour une pièce brodée, ancienne ou mélangée de soie, le nettoyage à sec chez un pressing de confiance reste le plus sûr.
Entre deux saisons, rangez le châle plié dans une housse en coton, avec un sachet de lavande ou de bois de cèdre contre les mites. Les petites boules qui apparaissent aux zones de frottement s'enlèvent avec un peigne à cachemire ; la méthode est détaillée dans le guide pour retirer les bouloches d'une écharpe en laine ou en cachemire. Bien soigné, un pashmina gagne en souplesse avec les années et reste une pièce unique qu'on transmet.
Questions fréquentes sur le pashmina
Le pashmina est-il chaud ?
Le pashmina est très chaud pour son poids : la finesse de la fibre emprisonne l'air et isole bien. Une étole légère suffit par temps frais ; un châle en cachemire pur protège du froid sec de l'hiver.
Le pashmina gratte-t-il ?
Un vrai pashmina ne gratte pas : ses fibres sont trop fines pour irriter la peau. Une étole qui pique contient probablement de la laine plus grossière ou une fibre mélangée.
Peut-on laver un pashmina en machine ?
Le lavage en machine est déconseillé, même en programme laine : le frottement et l'essorage feutrent le tissage. Le lavage à la main à l'eau tiède reste la méthode sûre.
















